Gaétan Pichereau
gaet.leon@laposte.net
AB HOC ET AB HAC
2002, vidéo numérique, 4 min 50

Un soir, un moment d’écriture. Une ardoise
d’écolier est l’espace, le cadre, de l’élaboration
de la construction. La caméra vidéo capture, face
à l’ardoise _en plongé sur une surface plane_
Un cadre cadre un cadre. Du texte, des objets
(formes quelconques), avec une craie j’écris,
(dé)coupe l’espace, lie délie les éléments. Le
bruit des objets, de la craie à leur insertion, leur
émission, dans l’espace du film.
le cadre, le temps, la musique

RETOUR PROGRAMME

DE L’INUTILITÉ ? (la fin de l’histoire est sans parole)
2002, film numérique, 6 min


Quelques plans fixes, simplement quelques plans; à l’encontre de la surcharge de “visuels“, des films “clips“. Un regard qui se pose sur la lumière qui filtre au travers de rideaux, caressés par l’air, circulant par la fenêtre entre-ouverte. La rue, moteur, voix, pas,... s’introduit à l’intérieur, où, aussi, s’écoule le temps ; une “écoute”.

CARNETS TOSCANS
“L’espace comme le temps amène l’oubli.” Thomas Mann


Durée : 39 mn Vidéo monobande
Carnet Toscan (05/2001) est un essai, une fiction poétique.



La fiction d’un carnet de voyage, où les notes dialoguent avec un monde intérieur, une mémoire.
Un voyage où le “réel” (des lieux, des espaces...) s’habite, habité, est comme accompagné, transpercé, par la mémoire, par la rêverie _les rêveries du dormeur éveillé, pour reprendre Bachelard_; des musiques, des chansons, des images, des voix.
Un dialogue, un exote où surgissent des fulgurances, sans continuité, ni liens évident; mais...
_____________________
Une note, écrite à l’issue de la création de ce carnet :
Carnets de voyage jouant autant sur les images du topos (essentiellement la route, des arbres, mais aussi images dʼimages et évocations de sculptures, etc...) que sur le son (la musique - populaire et baroque italienne- et la voix -des voix en mémoire, la mienne, celle des autres-) en un jeux de renvois et appuis réciproques. Il s'agit, au prétexte d'une évocation de mes impressions d'Italie _la fiction d’une mémoire_ d'une recherche d'un langage spécifique au cinéma numérique, sur une forme nouvelle et ambiguë . Une polyécriture _polyvisuelle, polysonore, polytextuelle_ ou joue ensemble, différent types de discours. Musique, réflexion diverses, souvenir, rencontre, fascination, etc...
Un voyage où la camera tente d'écrire de dessiner l'espace, créer des paysages, son propre espace. une reflexion sur les rapport du filmeur à l'espace; sa captation, sa (re-)création.
Tour à tour grave ou léger, il s'agit d'un film d'écriture à la recherche de ce que filmer (prise de vue, découpage, montage) signifie : les images engendrent la réflexion et sorganisent comme le font les mots et le montage, d'ordre musical.
Textes (poétiques ou philosophiques), musiques, chants et images, traités sur le même mode et selon une même architecture, s'introduisent, se soutiennent, voire se contrarient sans jamais jouer le jeu de l'illustration ou du “parlant“ et c'est du passage naturel de l'un à l'autre que naît ce genre hybride où le son, la parole et l'image ont exactement le même statut au sein de l'ouvre, comme ils sont réductibles au même langage au sein du procédé technologique.

Un film où se cherche sa propre position de vécu dans un espace-temps, celui du voyage.

Les images, leurs montages, agencement sont à la recherche du regard.
La camera est un stylo qui pointe, trace dans l'espace.
L'agencement que constitue le carnet est la somme des notes visuelles, textuelles, sonores; et bien plus l'écriture d'une réflexion sur le faire des images, la représentation, l'écriture d'un rapport au monde _sa quête, sa mise en question_.